Chanson créée sur Mélodie Cadeau
Chanson personnalisée pour Estevan — comme ça, sans raison
Les paroles
[Couplet 1]
Je ne te voyais pas
La première fois, c'était l'été deux mille seize,
On est partis tous ensemble, à Anduze, dans le Gard.
Les valises, la route, le soleil, la maison,
Sur les photos, on souriait, on faisait famille.
Toi, tu étais là, petit, roux, à lunettes,
Un peu rond, un peu en retrait, déjà dans ton coin.
Mais moi, déjà là-bas, je ne te voyais pas,
Tu étais transparent, même au milieu de nous.
Quand j'ai rencontré ta maman, j'avais déjà deux filles,
Deux filles que j'aime, mais il me manquait un fils.
Je me suis dit : enfin, je vais avoir mon garçon,
Celui avec qui courir, jouer, faire du sport.
Sauf que toi, tu n'étais pas le fils de mon rêve,
Pas sportif, pas comme je l'avais imaginé,
Homosexuel, à l'opposé de mon souhait.
Et au lieu de te voir toi, je n'ai vu que ce que tu n'étais pas.
Pardonne-moi, j'ai confondu aimer et vouloir que tu sois un autre.
Ton homosexualité me dérangeait, je l'avoue,
Je ne voulais pas comprendre, je ne voulais pas voir.
J'ai même interdit que tu t'approches de mon fils,
Comme si ta différence pouvait faire du mal.
Je suis même allé jusqu'à te dire un jour,
Que je ne serais pas là, le jour de ton mariage.
Aujourd'hui, quand j'y repense, j'ai honte,
Ce n'était pas te protéger, c'était t'effacer.
Puis tu es parti trois mois, cet été, en Espagne,
Travailler à Cap Fun, dans un camping, loin de nous.
Sans nous, sans les vacances, sans faire semblant,
Tu es revenu plus grand, plus calme, plus debout.
Tu t'es affiné, tu as changé, tu as grandi,
Et moi, pour la première fois, je t'ai vraiment regardé.
D'Anduze à l'Espagne, il aura fallu tout ce chemin,
Pour que je comprenne enfin qui tu es.
Estevan, aujourd'hui je te vois,
Tu n'es plus transparent dans ma maison.
Tu fais partie de la famille, pas de loin, pas en silence,
Je t'ai fait perdre du temps, je t'ai fait perdre des mots.
Estevan, aujourd'hui je t'écoute,
Même si on ne voit pas la vie pareil.
Je n'ai pas su t'aimer comme il fallait,
Mais je veux apprendre, si tu me laisses encore essayer.
Je ne te promets pas qu'on sera d'accord sur tout,
On restera deux hommes avec nos vérités.
Mais je te promets une chose, et elle est vraie :
Le jour où tu te marieras, je serai là.
Au premier rang, debout, les yeux ouverts,
Pas par obligation, par fierté d'être là pour toi.
Je ne raterai plus les moments qui comptent,
Je veux faire partie de ta vie, pas la regarder de loin.
Pour tes vingt ans, le vingt et un février,
Je ne t'offre pas un cadeau qui s'oublie.
Du petit roux à lunettes d'Anduze,
Au jeune homme que tu es devenu,
Tu es le fils que j'ai, pas celui que j'avais rêvé,
Et c'est toi que je veux, toi, tel que tu es.
Je t'offre mes yeux qui te voient enfin,
Mes oreilles qui t'écoutent enfin,
Et une place à ma table, qui a toujours été la tienne.
Et si un jour tu dis oui à quelqu'un que tu aimes,
Tu me trouveras là, à tes côtés, jusqu'au bout.
De la part de ton beau-père, qui apprend enfin à te voir.
[Outro Parlé]
Créée avec Mélodie Cadeau.
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